Nous avons dix ans pour bifurquer vers une nouvelle économie, vers une économie non plus destructrice, mais régénérative.

Nous ne devons pas seulement détruire moins, nous devons aussi régénérer plus.

C’est une loi générale : tous les êtres vivants contribuent directement ou indirectement à régénérer la fertilité du milieu dont ils dépendent. L’abeille, par exemple, butine le pollen pour produire du miel et, dans le même temps, le transporte de fleurs en fleurs assurant ainsi la pollinisation.

L’économie de demain existe déjà !

Elle est innovante, écologique, solidaire et régénérative. L’économie symbiotique tient compte des ressources technologiques, sociales et vivantes.

Dans un monde fini, il n’y a pas de durabilité si l’on ne sait pas régénérer nos ressources. La durabilité n’est pas une contrainte, elle est au contraire un moteur de croissance, dès lors que nous adoptons nos modèles économiques, techniques, productifs, sociaux.

C’est une tout autre vision du développement durable que la vision actuelle, contrainte, qui se limite à la rencontre entre le social, l’économie et l’environnement.

Une économie durable devrait être un flux entre les pratiques régénératives de nos machines, de nos infrastructures, de la biosphère et de la sociosphère.

 

Isabelle Delannoy, ingénieure agronome de formation, environnementaliste, coscénariste avec Yann Arthus-Bertrand, du film Home (2009) et auteur du livre "L'économie symbiotique" (2017)